RAPPORT DE L'ORGANE INTERNATIONAL DE CONTRôLE DES STUPÉFIANTS POUR 2001 |
E/INCB/2001/1 |
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PUBLICATIÓN DES NATIONS UNIES Numéro de vente: F.02.XI.1 ISBN 92-1-248102-7 ISSN 0257-3725 |
Table des matières
Avant-propos
Chapitres
- Les défis en matière de répression antidrogue à lère de la mondialisation et des nouvelles technologies (PDF)
- Impact de la mondialisation et des nouvelles technologies sur la criminalité liée à la drogue et sur les organisations criminelles
- Impact de la mondialisation et des nouvelles technologies sur les structures et les moyens dont disposent les pouvoirs publics pour lutter contre la narcocriminalité
- Défis futurs
- Comment faire face à ces problèmes
- Conclusions et recommandations
- Fonctionnement du système international de contrôle des drogues (PDF)
- État des adhésions aux traités internationaux relatifs au contrôle des drogues
- Coopération avec les gouvernements
- Prévention du détournement vers les circuits illicites
- Mesures de contrôle
- Champ d'application du contrôle
- Disponibilité de drogues à des fins médicales
- Contrôle du cannabis
- Mesures visant à assurer lapplication de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961
- Analyse de la situation mondiale (PDF)
- Afrique
- Amériques
- Asie
- Europe
- Océanie
Notes (PDF)
Annexes (PDF)
- Groupes régionaux figurant dans le rapport de l'Organe international de contrôle des stupéfiants pour 200 1
- Composition actuelle de l'Organe international de contrôle des stupéfiants
NOTES EXPLICATIVES
Les abréviations ci-après ont été employées dans le présent rapport:
ANMAT Administration nationale des produits pharmaceutiques, de lalimentation et de la technologie médicale
ASACR Association sud-asiatique de coopération régionale
CCG Conseil de coopération des États arabes du Golfe
CEDEAO Communauté économique des États de lAfrique de lOuest
CEI Communauté dÉtats indépendants
CICAD Commission interaméricaine de lutte contre labus des drogues
CONACUID Commission nationale de lutte contre lusage illicite des drogues
DAWN Réseau dalerte en matière dabus de drogues (États-Unis dAmérique)
Europol Office européen de police
GAFISUD Groupe daction financière sur le blanchiment de capitaux en Amérique du Sud
GBL gamma-butyrolactone
GHB gamma-hydroxybutyrate
LSD diéthylamide de lacide lysergique
Mercosur Marché commun du Sud
MDA méthylènedioxyamphétamine
MDMA méthylènedioxyméthamphétamine (ecstasy)
OEA Organisation des États américains
OIPC/Interpol Organisation internationale de police criminelle
OMS Organisation mondiale de la santé
OUA Organisation de lunité africaine
PMA paraméthoxyamphétamine
PNUCID Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues
PROMIS Police Realtime Online Management Information System (Australie)
SADC Communauté de développement dAfrique australe
SEDRONAR Secrétariat du programme pour la prévention de labus des drogues et la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants
sida syndrome dimmunodéficience acquise
SIDUC Système interaméricain de données uniformes sur la consommation des drogues
THC tétrahydrocannabinol
VIH virus de l'immunodéficience humaine
Les appellations employées dans la présente publication et la présentation des données qui y figurent n'impliquent de la part du Secrétariat de l'Organisation des Nations Unies aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.
Les noms des pays ou régions mentionnés dans le texte sont ceux qui étaient utilisés officiellement au moment où les données ont été recueillies.
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Les données communiquées après le 1er novembre 2001 n'ont pas été prises en compte pour la préparation du présent rapport. |
Avant-propos
À linstar de lélectricité et du téléphone, dont lintroduction a modifié les modes de vie au XXe siècle, Internet transforme radicalement les nôtres aujourdhui. Cependant, comme cest souvent le cas avec les innovations, à côté des avantages procurés il se pose des problèmes nouveaux et il existe un réel danger que les bienfaits dInternet soient compromis par laction dindividus et de groupes criminels qui lexploitent à des fins illicites. LOrgane international de contrôle des stupéfiants a le devoir dalerter les gouvernements et lopinion publique à tout phénomène lié à labus et au trafic de drogues. Dans le premier chapitre de son rapport pour 2001, lOrgane examine les difficultés que posent les nouvelles technologies telles quInternet pour la détection et la répression des infractions en matière de drogues dans le contexte dune mondialisation croissante.
Il est facile de commettre des délits informatiques, cest-à-dire des infractions perpétrées dans un environnement électronique. Un individu dans un pays donné peut ainsi causer en toute sécurité, à distance et avec peu de moyens des dommages dans un autre pays. Il est difficile en revanche de sattaquer à la fois aux délinquants et aux délits quils commettent dans cet environnement virtuel, dans lequel la notion de frontières nationales nest plus pertinente et où les risques encourus personnellement par les délinquants et ceux que le délit soit découvert sont bien moindres. Si nous ne voulons pas quInternet devienne un réseau mondial au service du trafic de drogues et de la criminalité, il nous faut être plus vigilants au niveau local et renforcer la coopération internationale en matière dinvestigation et de poursuite des délits informatiques.
Dans le chapitre II de son rapport annuel pour 2001, lOrgane passe en revue le fonctionnement des régimes internationaux de contrôle des drogues, ainsi que lévolution de la législation dans certains pays européens concernant la poursuite des infractions liées au cannabis. LOrgane ne pense pas que les mesures en question permettront dobtenir des résultats significatifs dans le domaine de la réduction de la demande de drogues illicites dici à 2008, objectif que les gouvernements se sont engagés à atteindre dans la Déclaration politique adoptée en 1998 à la vingtième session extraordinaire de lAssemblée générale consacrée à la lutte commune contre le problème mondial de la drogue. À ce jour, lOrgane na pas reçu dinformation crédible tendant à prouver que lassouplissement de la législation sur la drogue réduirait labus ce celle-ci. Au contraire, la libéralisation progressive de la législation en matière de drogues à laquelle certains pays ont procédé ces 20 dernières années sest accompagnée dune aggravation progressive de labus de drogues.
Le chapitre III analyse la situation du point de vue des drogues illicites dans le monde. Il révèle notamment que les cultures illicites de plantes servant à fabriquer des drogues continuent de diminuer, mais que la fabrication et le commerce illicites de drogues synthétiques se développent. Ce chapitre ne laisse aucun doute quant à lappui quasi universel dont bénéficient les trois principaux traités internationaux relatifs au contrôle des drogues, traités auxquels plus de 170 pays sont parties, dont ils acceptent les obligations et sen acquittent. Les parties à ces traités ne pourraient pas être plus diverses, puisquil sagit de pays développés ou en développement de toutes les régions du monde dont le point commun est dêtre concernés par lun ou lautre des aspects du problème de la drogue dans le monde fabrication illicite ou trafic de drogues, généralisation de labus de drogues ou exploitation de leur territoire aux fins du blanchiment dargent.
LOrgane, dont le mandat et la mission découlent des traités internationaux relatifs au contrôle des drogues, tient à souligner que ceux-ci ont été adoptés afin dendiguer labus de drogues. Il note que tous ces traités insistent sur un principe, à savoir que lusage des drogues devrait être réservé à des fins médicales et scientifiques. Il sensuit que les termes usage ou consommation ne devraient être employés que pour désigner lusage et la consommation de drogues dans un contexte médical ou scientifique. Dans tous les autres cas et conformément aux traités internationaux relatifs au contrôle des drogues, on devrait parler dabus de drogues. Par définition, les personnes qui font un usage abusif des drogues ne sont donc ni des consommateurs, ni des usagers; de même, les drogues et autres substances psychotropes ne sont pas des biens de consommation. Il est très important de résister avec fermeté à toutes les tentatives visant à minimiser, banaliser, voire ignorer la gravité de labus de drogues en qualifiant celui-ci dusage ou de consommation. Il est important aussi de veiller à ce que lemploi laxiste ou irréfléchi de la terminologie ne conduise pas à contredire ou affaiblir le sens des traités.
Les traités internationaux relatifs au contrôle des drogues sont favorables au progrès scientifique et à la prise en charge de la douleur. Ils soulignent expressément que les drogues doivent pouvoir être utilisées à des fins médicales pour soulager la douleur et que la réalisation, à ces fins, de travaux de recherche scientifique sur lusage des drogues est essentielle. En même temps, les traités cherchent à éviter que des individus tombent dans la dépendance et la toxicomanie, et à préserver la famille et la société. Ils prennent en compte la dimension humaine du problème, en prévoyant des mesures de traitement, de réadaptation et de réinsertion sociale des toxicomanes. Toutefois, ils ne sanctionnent pas lusage ludique des drogues. Il est important que le traitement et la réadaptation des personnes qui abusent de drogues et des toxicomanes ne soient pas assimilés, ni ne donnent lieu, à la banalisation de labus de drogues (celui-ci étant alors considéré comme un phénomène ordinaire). Faire un usage social ou ludique des drogues est en faire un mauvais usage qui ne devrait pas être banalisé ou accepté, contrairement à ce que daucuns préconisent aujourdhui. Si une telle attitude peut présenter à court terme des avantages en permettant déconomiser des ressources, elle risque davoir en effet des conséquences graves pour la jeunesse daujourdhui et pour les générations futures.
De fait, il va être difficile de revenir sur lacceptation progressive de labus de drogues de ces trois dernières décennies qui a conduit à envisager lusage illicite de drogues comme inévitable. On fait de plus en plus valoir que lusage de drogues est une question personnelle, un droit civil individuel. Mais si les droits sont importants et doivent être protégés, ils sont aussi inextricablement assortis de responsabilités, en loccurrence vis-à-vis de la société. Une société libre est très attachée, à juste titre, à la recherche du plaisir et à la liberté de choix; toutefois, dans le cas des drogues, cela peut être dangereux, non seulement pour les individus, mais aussi pour lensemble de la société et en particulier pour les groupes vulnérables. Banaliser labus de drogues est une façon très risquée de sattaquer à un problème complexe, quon ne saurait prévenir sans sappuyer sur de solides travaux scientifiques.
Hamid Ghodse Président de l'Organe international de contrôle des stupéfiants
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